EDITION 2017

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Una Volta, Dui Mondi est mort, vive Libri Mondi. Les rencontres littéraires de Bastia renaissent de leurs cendres après une année d’interruption. Mais l’état d’esprit reste le même. Seules légères modifications, une programmation plus resserrée, qui s’étend désormais sur trois jours, et une ouverture aux plus jeunes, avec une rencontre organisée avec des classes lycéennes le vendredi après-midi.

 

 

 

 

 

 

 LAURENT CHALUMEAU

« Ce polar éblouissant est mené à un rythme diabolique. La leçon de VIP, roman réaliste et moraliste, est on ne peut plus actuelle : ce n’est pas le délit qui cause la perte mais les efforts pour le cacher ».
Jean-Claude Raspiengeas, La Croix

19553869_193263591204589_7131365430989698825_nQuiconque s’essaie à dresser le portrait de Laurent Chalumeau se retrouve face à un solide casse-tête. L’homme se joue des étiquettes depuis des décennies, avec la malice goguenarde qui le caractérise. Journaliste à Libération ou Rock&Folk, scénariste, parolier, dramaturge ou romancier, Chalumeau peut écrire un essai brillant et érudit sur l’immense écrivain américain Elmore Leonard. Et pondre un tube énorme pour G-Squad, le boy’s band qui a fait rêver les adolescentes françaises des années 90.
Il peut ciseler les textes des délirants duos de De Caunes et Garcia à la grande époque de Nulle Part Ailleurs sur Canal Plus. Et nous plonger, à l’occasion de son somptueux recueil d’articles En Amérique, dans la réalité poisseuse d’Angola, le légendaire pénitencier de Louisiane.

Chalumeau, surtout, peut écrire des romans qui ne ressemblent à aucun autre. Des romans ébouriffants, enthousiasmants, hilarants. Mais également, avec cet art de l’équilibre qu’il maîtrise à merveille, des romans qui dissèquent, sans pitié, les travers de notre société, les petites mesquineries et les lâchetés qui s’y dissimulent. Son dernier roman, V.I.P., ne fait aucun quartier. Il dézingue avec jubilation l’intelligentsia parisienne, le milieu politique, celui des médias, le cinéma français et ses starlettes. Ce tout petit monde qui va voler en éclats lorsqu’un paparazzo est témoin d’un fait divers pour le moins explosif.
Impossible de présenter Chalumeau. Il faut le rencontrer soi-même. Et vous ne le regretterez pas.
S.B.

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Laurent Chalumeau interrogé par Sébastien Bonifay, en septembre 2017 à Bastia
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Bastia By Night avec le parrain de Libri Mondi
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Laurent Chalumeau avec Grégoire Leménager, de l’Obs’, Pierre Jourde, William Boyle, Miguel Bonnefoy (de dos) et Ange-Toussaint Pietrera, de Libri Mondi

 

 

 

 

 

 

 

 

JEAN-YVES ACQUAVIVA

« Acquaviva pussedi a qualità supiriori chi faci u gran scrivanu: hè nanzi tuttu un cuntadori, un veru. »
Marc Biancarelli, Corse-Matin

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Né en 1969 dans le Morbihan, Aquaviva grandit dans la région d’Avignon avant de rentrer en Corse au début des années 1980. Depuis plus de 25 ans, il est agriculteur à Lozzi, au coeur du Niolu.
En 2011, il publie son premier roman en langue corse, Ombre Di Guerra. À travers la relation conflictuelle entre deux frères au coeur des plus sombres conflits du XXe siècle, l’auteur aborde quelques-unes des fractures majeures de l’histoire contemporaine de la Corse.
En 2014 paraît son second roman Cent’anni, centu mesi. Cette fois, il nous emmène sur les pas de Lisandru, orphelin parti à la découverte du monde après avoir été élevé par un berger muet et solitaire.

Avec ce roman de la maturité, relecture du mythe de l’enfant sauvage, il obtient le Prix du livre corse. Acquaviva est à l’origine, avec Marc Biancarelli, du site littéraire Tonu è Timpesta. Un blog ouvert à toutes les littératures qui est devenu cette année une maison d’édition. Son nouvel ouvrage, un recueil de nouvelles en édition bilingue, devrait sortir dans les prochains mois. 
A-T. P.

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Jean-Yves Acquaviva interrogée par Ange-Toussaint Pietrera, en septembre 2017

 

WILLIAM BOYLE

« Son écriture est exceptionnelle pour décrire les frustrations vécues par les communautés pauvres de New York. « Trop noir » dirons certains, ce polar réserve une plongée intense dans un quartier où les habitants sont mélancoliques, et sans illusions… »
Rédaction de Rolling Stone Magazine

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L’année dernière un jeune auteur américain faisait une apparition remarquée sur la scène littéraire française. Gravesend, le premier roman de William Boyle, était publié pour célébrer les trente ans de la collection Rivages/Noir, orné du prestigieux numéro mille. Gravesend, c’est le nom du quartier de Brooklyn où Boyle est né, et où il a grandi, à l’ombre du métro aérien qui mène à Coney Island. C’est aussi un roman magnifique sur la rancune, la vengeance et la culpabilité.

C’est enfin un chant funèbre, une ode désenchantée inoubliable dédiée à un endroit devenu le tombeau des espoirs de ceux qui y sont nés. William Boyle vit depuis quelques années à Oxford, dans le Mississippi. Il est professeur à l’Université qu’on surnomme Ole Miss, et disquaire spécialisé dans le rock indépendant. Mais il n’a jamais vraiment quitté Brooklyn, qu’on retrouve encore au cœur de son nouveau roman, Tout est brisé, publié début septembre chez Gallmeister. Un roman qui vient confirmer que Boyle est l’une des voix les plus originales, justes et passionnantes de la nouvelle génération du roman Noir.
S.B.

 

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WIlliam Boyle en dédicace de Tout Est Brisé
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William Boyle déjeunant avec Laurent CHalumeau, Pierre Jourde, et Ekatarina Koulechova de Gallmeister et Marie-Eva Bravo de Libri Mondi
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William Boyle à Bastia, septembre 2017

 

GILLES LEROY

« C’est un foisonnant et superbe roman sur le cinéma américain de l’après-guerre. Dans les westerns est une réussite impressionnante. »
Bernard Pivot, Le Journal Du Dimanche

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Romancier et essayiste majeur de la littérature française contemporaine, Gilles Leroy a signé plus d’une vingtaine d’ouvrages depuis son premier roman, Habibi, en 1987.

Alabama Song, autobiographie fictive de Zelda, épouse de Francis Scott Fitzgerald, lui avait valu le prix Goncourt en 2007. Dans Les Westerns, son dernier roman, est une histoire d’amour.

Une histoire d’amour qui prend naissance dans les coulisses de l’industrie ducinéma américain de l’après-guerre.

Une histoire d’amour sous le regard inquisiteur de la presse à scandales, des ligues de vertu et des studios.

Une histoire d’amour entre deux figures du western hollywoodien.

Une histoire d’amour entre deux hommes.

Avec Dans Les Westerns, au fil d’une plume aérienne, Leroy signe un roman d’une grande délicatesse. Où affleure l’idée que, quelques soient l’époque et l’endroit, la vie s’échine à nous empêcher de vivre pleinement l’amour auquel nous aspirons.

S.B.

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Gilles Leroy à Bastia, septembre 2017

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Gilles Leroy interrogé par Grégoire Leménager

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MIGUEL BONNEFOY

« Avec un style impeccable, ce jeune Vénézuélien signe un premier roman picaresque assez irrésistible, qui s’inscrit dans la veine magique creusée par Garcia Marquez. »
Grégoire Leménager, L’Obs’

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Miguel Bonnefoy est né en France, de père chilien et de mère vénézuélienne. C’est en 2015, lors de la publication de son premier roman, Le Voyage d’Octavio, qu’il se révèle au public français. Au point d’être l’un des finalistes du Goncourt du Premier roman.

En suivant le parcours d’Octavio, un analphabète vénézuélien, cambrioleur la nuit et élève le jour, Bonnefoy nous entraîne dans les recoins d’un Venezuela souvent trop méconnu. Il nous fait voyager à travers les forêts de palétuvier et les torrents incontrôlables, à la rencontre de personnages plus atypiques les uns que les autres. 

Son nouveau roman s’intitule Sucre Noir. Un roman d’aventures, épique et foisonnant, qui nous plonge dans le quotidien d’un petit village de la Caraïbe, peuplé de pirates. A trente ans à peine, Bonnefoy confirme lors de cette rentrée littéraire tous les espoirs placés en lui.
A.H.

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Miguel Bonnefoy interrogé par Patrick Vignoli, septembre 2017

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Miguel Bonnefoy et Aurélie Serfaty-Bercoff, jardins du Palais des Gouverneurs, Bastia

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PIERRE JOURDE

« Pierre Jourde a sculpté Winter is Coming à même sa souffrance. Dans un mélange de chagrin, de colère et de lucidité qui laisse le lecteur effaré, traversé de sanglots secs. »
Raphaëlle Leyris, Le Mondes des Livres

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Pierre Jourde occupe une place à part dans les lettres françaises. Sans relâche, à travers son œuvre, riche d’une trentaine d’ouvrages, il défend une certaine conception de la littérature. Une littérature sans concession, dénuée de toute afféterie. Et il n’hésite pas à partir en guerre, à visage découvert, contre les coteries, les prix et les salons littéraires où l’on cultive l’entre-soi.
On se souvient de son dévastateur et hilarant Jourde & Naulleau, un pastiche du Lagarde & Michard où, en compagnie d’Eric Naulleau, il n’épargnait aucune des vaches sacrées de l’édition nationale.

Mais Jourde est avant tout lui-même un ecrivain de grand talent.

Son dernier livre est une merveille dont on ressort le cœur en miettes, mais galvanisé par la puissance de ce cri d’amour. Winter Is Coming raconte la dernière année de son fils, jeune musicien foudroyé par une terrible maladie. Ce n’est jamais larmoyant. Jourde n’est pas du genre à vouloir émouvoir, quel qu’en soit le prix. C’est simplement d’une humanité bouleversante, vibrant, et inoubliable. Jourde est l’un des meilleurs écrivains français. Chaque jour, il le prouve un peu plus.
S.B.

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Pierre Jourde interrogé par Grégoire Leménager, septembre 2017, Bastia
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Pierre Jourde en séance de dédicaces

 

 

 

 

 

 

 

 

DAVID VANN

« Sukkwan Island, d’une noirceur maléfique, porte le trouble à l’incandescence. Magnifique. » 
Martine Laval, Télérama

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David Vann fait une entrée fracassante dans le monde des lettres avec un premier roman glaçant, publié par les éditions Gallmeister en janvier 2010 : Sukkwan Island ; le succès est immédiat, le livre est couronné du prix Médicis étranger. Suivent cinq ouvrages construisant incontestablement une œuvre.

David Vann nait en Alaska en 1966 ; très jeune, son père l’initie au maniement des armes, à la chasse à travers les grands espaces ; autant d’éléments qui façonnent l’adolescent et constitueront les clés de son œuvre. Le suicide de son père, lorsqu’il avait 13 ans, sera l’élément traumatique qui présidera à l’écriture de Sukkwan Island.

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David Vann à la découverte du Cap Corse

Et David Vann de décliner la violence familiale dans Désolations, Impurs et Goat Mountain. Écrivain de la nature et de la famille, il entraîne le lecteur, qui n’en ressort jamais indemne, dans des univers hostiles et paradoxalement clos. Le règlement de compte familial est à nouveau au cœur d’Aquarium, publié en 2016, mais, pour la première fois, est évoquée la possibilité d’une rédemption. Les démons continuent de roder mais les dompter semble désormais envisageable.

Avec son septième écrit, L’Obscure Clarté de l’air, paru en octobre, David Vann propose une relecture du mythe de Médée : choix surprenant de prime abord, qui résonne cependant avec les récits précédents. Médée, personnage complexe, profondément déchiré, monstre effroyable, mais tragiquement humaine dans sa détresse, ne pouvait que séduire David Vann.
B.G-S.

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David Vann conquis par la bière corse